Sources diverses: CDs, méthodes, stages (Famoudou Konaté, Mamady Keïta, Maarten Schepers,...)

DETAILS TECHNIQUES:

Les chauffes

La chauffe est un motif rythmique, où en général toutes les notes sont jouées, composé de toniques et claqués, et qui permet d'accélérer le rythme (ou de monter en intensité, sans accélérer). Dans ces phrases, les toniques sont la partie spécifique de la chauffe: le reste est rempli par des claqués. Les toniques doivent donc être fortement accentuées pour permettre de bien reconnaître la chauffe. Il existe des chauffes ou des sentiments spécifiques à certains rythmes.

HISTOIRE ET ORIGINES DES RYTHMES:

DJOLE:

Djole est un rythme très connu qui doit sa popularité à un certain nombre de Mandenyi qui le firent connaître à Conakry. Il est maintenant joué dans toute l'afrique occidentale. C'était à l'origine une danse pour un masque représentant une femme. Le masque était porté par un homme habillé en femme. Djole était toujours une grande fête de village, à laquelle participaient plusieurs villages, pour fêter la fin du Ramadan ou des grandes récoltes, ou pour un mariage.

KASSA:

Kassa est un rythme originaire de la région de Kouroussa, en Haute Guinée. Kassa signifie littéralement "silo à grain" et il est très fortement associé au travaux des champs. Il est notamment joué pendant la période des moissons pour donner du courage aux cultivateurs. Toutefois, il arrive également que Kassa soit joué lors d'autres travaux, en particulier pour la construction extérieure (routes ...) qui s'apparentent aux travaux des champs.
  A la fin de la saison des récoltes, il est coutume d'organiser une grande fête appelée Kassaladon. Famoudou Konaté raconte également que, parfois, une autre coutume consiste à ce qu'une des plus jolies jeune femme du village place son foulard sur un piquet au bout du champ. Le premier moissonneur qui rejoint le piquet pourra passer la nuit avec la jeune fille. Néanmoins, cette rencontre n'a rien de sexuel. Si la jeune fille tombait enceinte, le garçon pourrait être battu en public.
  Camara Laye décrit un moment de vie de cultivateur dans "L'enfant Noir" :
Le tam-tam, qui nous avait suivi à mesure que nous pénétrions plus avant dans le champ, rythmait les voix. Nous chantions en choeur, très haut souvent, avec de grands élans, et parfois très bas, si bas qu'on nous entendait à peine; et notre fatigue s'envolait, la chaleur s'atténuait. (p62)
[...]
Ils chantaient, nos hommes, ils moissonnaient ; ils chantaient en choeur, ils moissonnaient ensemble : leurs voix s'accordaient, leurs gestes s'accordaient ; ils étaient ensembles ! - unis dans un même travail, unis par un même chant. La même âme les reliait, les liait ; chacun et tous goûtaient le plaisir, l'identique plaisir d'accomplir une tâche commune. (p63)

BALAKULADJAN:

Origine: ethnie malinké, région de Kouroussa, Haute-Guinée

Balakuladjan est le nom de la chanson chantée sur ce rythme. Elle parle de l'importance des enfants, du désir de chaque femme d'être mère.

On joue donc ce rythme pour tous les évènements concernant les enfants, comme les initiations, les circoncisions, les baptêmes et les mariages (pour les futurs enfants).

Ce rythme appartient à la famille des SOLI (soli rapide ou dembadon, wassolon soli, soli des manians,...).

Balakuladjan est un rythme très ancien dans la tradition malinké.

SOFA:

 

  Sofa est un rythme très ancien. Ce rythme étaient jouer pour donner du courages aux guerriers à cheval, et pour louer leurs succès et leur bravoure, quand ils revenaient. Sofa signifie guerrier en Malinké. Ces guerriers avaient de grands tambours en forme de plaque (tavela), qu'ils auraient également utilisé pour l'envoi de messages. Lorsque Sofa était joué, les guerriers et leurs montures dressées "dansaient" sur le rythme. Le rythme Sofa est également joué quand un grand guerrier ou un chasseur du village est décédé.

 

  Dans l'ancien temps, il était accompagnée par un Bolon, un instrument à cordes,  joué par un "Griots des Guerres", qui connaissait l'histoire, le chant et les louanges de la guerre et des guerriers depuis des générations.

 

SOKO:

Soko est un rhythme du peuple Komanko de la région de Faranah. Aujourd'hui, il est joué souvent dans tout le Nord de la Guinée. Le rythme accompagne la danse des bilakoro (ceux qui ne sont pas encore circoncis). Dans certaines régions, il est joué régulièrement les mois avant la circoncision, d'ailleurs il est joué le jour avant le début de la cérémonie, après que la tête des bilakoro aient été rasées et que des cadeaux soient offerts.